Professeur Raoult, Président !

Le Professeur Raoult vient de claquer la porte du Conseil scientifique de Macron

Contrairement à ce que raconte Jean-François Kahn pour sauver Macron et le gouvernement aux yeux des lecteurs du Point, c’est parfaitement le moment de chercher les responsables du fiasco sanitaire que nous vivons. Et, il le sait très bien. Comme fondateur et directeur de Marianne pendant dix ans, il sait très bien qu’après la crise sanitaire viendra la crise économique qui relèguera dans l’oubli les légitimes critiques formulées par les français sur la gestion de cette crise sanitaire, et que les médias « mainstream » – qui soutiennent tous Macron depuis début 2017 – reprendront en main ce qu’il convient de penser des évènements devenu alors le passé.

L’histoire officielle reprise en mains, cela permettra que les français continuent de croire que Macron et le gouvernement ont agi efficacement pour les protéger

Pourtant, personne ne peut contester que Macron et son gouvernement ont été nuls

Après examen des faits, le doute n’est pas permis : Macron et le gouvernement ont été absolument nuls pour gérer cette crise sanitaire. Ce n’est pas un parti pris politique :

Pourquoi encore autant d’apathie envers la criante incompétence de Macron et Philippe ?

Imaginez, si le patron d’une entreprise privée maltraitait ses salariés comme l’État les siens – policiers, infirmiers, médecins – et comme l’État traite honteusement tous les français – pharmaciens, libéraux de santé, salariés au contact du public, malades interdits de tests de dépistage, de gel hydroalcoolique, de masques FFP2, … ? Et bien, ce patron serait légitimement poursuivi au pénal pour “mise en danger de la vie d’autrui”, “manquement aux obligations de sécurité”, ou que sais-je encore !

L’ENA n’est qu’une école

Macron et son gouvernement ont été nuls parce que le mode de sélection de nos élites politiques est complètement nul. Pas un peu, totalement.

Il n’est pas possible de considérer seulement ces deux personnages (Macron et Philippe) dans cette situation particulière, sans relever les innombrables preuves d’incompétences, chaque jour répétées, de nos hommes politiques.

Considérons un instant que nos élites politiques puissent être sélectionnées à priori, c’est à dire sur leurs diplômes. Le sujet n’est pas nouveau, mais tout de même, comment se fait-il que la 6ème puissance du monde soit dirigée depuis 35 ans à 75% par les élèves d’une seule et même école parmi ses grandes écoles, l’ENA (Chirac, Hollande et Macron sont énarques), quand ses anciens élèves ne représentent que 0,01% de la population (soit donc un coefficient de sur-représentation de 7 500 !) ? Restons dans les diplômés les plus prestigieux : où sont les docteurs en Médecine ou en Pharmacie, en Économie ou en Droit, les ingénieurs de Polytechnique et de Centrale, les normaliens ou agrégés de Philosophie, de Géographie ou d’Histoire, les diplômés d’HEC ou de l’ESSEC ? Qui pourrait nous faire croire qu’ils ont tous un QI inférieur aux élèves de l’ENA ? Sans y attacher trop d’importance, rappelons-nous tout de même que le “génie” Macron était loin de briller en Mathématiques et en Économie avant d’être accepté à l’ENA

Mais, en réalité, en politique comme en entreprise – et en comme dans la vie en général, les élites ne peuvent pas être sélectionnées à priori, seulement à posteriori

“L’existence précède l’essence” écrivait Jean-Paul Sartre, qui était très intelligent et écrivait pourtant beaucoup de conneries… C’est l’expérience seule qui nous permet de distinguer celui qui est compétent de celui qui ne l’est pas. Comme l’écrit Nassim Nicholas Taleb, contrairement à l’idée très répandue, être très fort au jeu d’échecs ne prouve pas qu’on soit nécessairement plus intelligent dans la vie. Juste, plus intelligent pour jouer aux échecs… Les diplômes sont à 80% un simple signal à destination de l’employeur, et on peut être très fort pour disserter sur les problèmes du monde dans sa chambre d’étudiant, et très nul pour les gérer dans le bureau de Matignon ou de l’Élysée. Qu’ont fait, Macron et Philippe, de si brillants dans la vie pour qu’on leur confie notre pays, voire notre santé en cas d’épidémie ? Pourquoi ne pas sélectionner nos élites parmi celles et ceux qui ont montré effectivement du talent, de l’intelligence et les milliers d’autres qualités psychologiques (volonté, courage, bon sens, persévérance, etc) ? Pourquoi ne pas sélectionner exclusivement nos élites parmi ceux qui ont montré in fine qu’ils avaient des compétences cruciales : un grand scientifique qui a découvert un traitement qui sauve des vies ? Un chef d’entreprise qui propose un produit à forte valeur ajoutée pour le consommateur et qui a créé de nombreux emplois ? Un philosophe courageux dont la pensée iconoclaste permet à notre civilisation de progresser ? Un grand cuisinier ? Un grand sportif ? Un grand artiste ? Un grand explorateur ? Un grand « ce qu’on veut » ?

Mais, en réalité, personne ne peut accepter d’être gouverné par une aristocratie du mérite… Une démocratie, ne sont-ce pas surtout des élus (les députés de l’Assemblée Nationale et du Sénat) qui représentent le peuple dans sa diversité ? Sexe, âge, professions, origines sociales ou ethniques, etc, il suffit de regarder une photo de l’Assemblée Nationale ou du Sénat, puis de lire le CV de nos députés et sénateurs pour se convaincre que notre démocratie est « en carton ».

L’ENA n’est même pas une bonne école pour diriger

A raison, Guillaume Bigot écrit : “Avant cette crise, la vie démocratique était devenue un théâtre où des hauts fonctionnaires jouaient, avec plus ou moins de bonheur, aux communicants. Or, diriger n’est pas administrer : les gestionnaires ne savent pas improviser, ils fonctionnent aux précédents et s’abritent toujours derrière des règles et les experts. La grippe espagnole est le seul précédent à peu près comparable. Or, la haute fonction publique française qui nous « dirige » depuis 1969 a perdu sa mémoire. Il est fort à parier que notre peuple, le moment venu, tirera des conséquences drastiques de cette crise. Pourquoi accepterions-nous d’être gouvernés par des chefs qui, de leur propre aveu, se sont trompés sur tout ?« .

Par définition, la haute-administration est inadaptée à la prise de décisions en incertitude. Un haut fonctionnaire agit bien quand il agit conformément aux procédures actuellement en vigueur, au contraire de l’entrepreneur, par exemple. Ainsi, il agit mal quand il doit prendre des décisions rapides, en période d’incertitude, sans référentiels auxquels se raccrocher. Ses longues études lui ont appris l’esprit de synthèse certes, mais aussi souvent, la soumission à la règle, à la pensée dominante, à la hiérarchie, là où il aurait fallu être sélectionné sur la créativité, l’adaptabilité et le bon sens. Dans le monde de l’après-guerre, où l’industrie était prépondérante, passait encore… Mais dans un monde technologique, dans le siècle de la connaissance, dans un monde de neurones, de services, de collaboration et d’incertitude, mettre un haut-fonctionnaire au pouvoir est la pire des aberrations !

L’ENA est – semble t’il – une grande école pour former des hauts-fonctionnaires. Soit. Qu’elle le reste ! Avoir fait l’ENA n’est pas une tare, au contraire. Supprimer l’ENA n’est pas un sujet et tout État a besoin de hauts-fonctionnaires compétents.

Mais pourquoi, diantre, sont-ils si nombreux à nous administrer, eux qu’on a justement formés pour obéir aux élus du peuple, c’est à dire à nous-mêmes ? Pourquoi la haute-fonction publique française a t’elle pris le pouvoir depuis trop longtemps dans notre pays ? Quelle est sa légitimité ? Pourquoi l’administration, qui devrait être à notre service, est en fait celle au service de laquelle est tout le peuple français ? Lent mais permanent, le déclin de la France est causé tout entier par cette inversion. Où sont les Clemenceau (médecin), Poincaré (mathématicien), Thiers (avocat et journaliste), Faure (négociant), Doumergue (juge), Lebrun (ingénieur), Doumer (ouvrier graveur puis enseignant) de l’époque où la France brillait ?

Aujourd’hui, comme dans théâtre de boulevard, nous sommes gouvernés par nos serviteurs !

La France ne peut plus attendre

Aujourd’hui, nos dirigeants technocrates montrent l’étendue de leur incompétence. Le monde tel qu’il nait – et tel qu’il est déjà depuis de nombreuses années ! – n’est pas leur monde, fait de CERFAs bien remplis, de code de procédures et de planification à la Soviétique. Ils doivent disparaitre de la politique pour retourner à leurs bureaux de haut-fonctionnaires. Ils doivent laisser le pouvoir au peuple, c’est à dire à leurs maitres. Ils doivent représenter dans l’échiquier politique seulement le pourcentage qu’ils représentent dans la vraie vie, c’est à dire… 0,01% !

Vite ! Nous avons besoin de Professeurs Raoult !

C’est une urgence : nous avons besoin de personnes “de la vraie vie”, reconnues pour leur talent, qui ne doivent pas leur réussite à leur soumission ou au “léchage” de bottes !

Il nous faut des gens de bon sens, qui agissent vite et qui frappent forts !

Pas que des parisiens des mêmes quartiers, des provinciaux aussi !

Pas que des technos qui portent de beaux costumes trois-pièces, mais aussi des scientifiques aux cheveux longs qui ressemblent davantage au gaulois Obélix joué par Gérard Depardieu ou à un chanteur de heavy-metal !

Pas des beaux parleurs, qui se disent libéraux quand ils sont des technocrates, puis qui au bout de deux ans de mandat se mettent à faire par opportunisme pur dans le social ou l’écologie, pour enfin, finir par débiter des discours souverainistes, mais en même temps, européistes/libre-échangistes !

A l’instar de la loi d’il y a 20 ans pour l’égalité Hommes-Femmes en politique, pourquoi ne pas commencer par imposer à nos députés et sénateurs des quotas par catégories socioprofessionnelles, en distinguant employeur privé et employeur public ? Quotas proportionnels à leur représentation parmi les français où les hauts fonctionnaires ne dépasseraient pas 0,01% ?

Publié par Sébastien LEBLET

LEBLET est mon "nom de jeune fille"... En bref : j'ai créé plusieurs entreprises et occupé des responsabilités à la frontière entre le monde de l'entreprise et la politique/l’État. Je suis aussi l'auteur d'une série TV et d'une pièce de théâtre.

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